• Concours [Anaelle]

    Un jour, un seul pleureur...

     

    «Tu t'souviens de cet arbre et d'ces branches ? Tu t'souviens d'avant ? De quand on courrait partout ? C'était bien, hein ? Après s'être épuisés, on s'allongeait sous ce saule pleureur, les yeux rivés vers le ciel. On cherchait à voir les nuages et à voir le soleil. On était jeune, on était mignon, seulement huit ans, on était tout innocent. Rire à pleines dents, ne pas écouter nos parents... ah ! C'était l'bon temps. Tu étais adorable, tu sais. J'aurais voulu que jamais rien ne s'arrête. Et on courrait toujours et encore... Et on a un peu grandi... toujours et encore !

     

    Deux pré-adolescents, ignorants, on croyait avoir tout vécu, que notre histoire n'était qu'un début. On voyait la vie sous un autre angle. Et, ce saule pleureur, où autrefois nous courrions autour, nous servait désormais de lieu de rendez-vous. On parlait, on se racontait nos vies. On était pas dans le même collège, c'était bien normal de tout s'dire. On était encore idiot. Avec du recul, c'est ce que j'en conclue. Et on l'a été encore pendant longtemps...

     

    Puis arriva le lycée. On était un peu plus mature, il me semble. Sûrement étions-nous plus réfléchis ? Peut-être que, cette fois-ci, c'était notre esprit qui avait grandi ? Ou, avais-je enfin appris à être heureux ?

    Mais, ce qui me réjouissait était que nous étions dans le même établissement. Toujours ensemble, en classe, à la cantine ou en étude ; il y avait d'autres couples, car oui, nous en étions enfin un ! Un peu avant la rentrée, je t'avais officiellement demandé et toute joyeuse, tu avais accepté. Je pense que toi aussi, tu espérais ça depuis longtemps. Du coup, à cette époque, le saule pleureur était devenu notre ''cachette''. Et je m'en rappelle encore, un cimetière commençait à se construire mais... on s'en foutait.

     

    Après ces trois années réunis, nous étions en faculté, toi de médecine et moi de lettre. On se voyait quelques week-end et encore c'était rare... Nous vivions dans le même immeuble. Malheureusement, nous ne pouvions partager le même appartement mais nous partagions la même vue.. Une vue sur ce saule pleureur. Quand nous avions du temps, nous mangions en dessous, tous les deux. Et, le cimetière, à quelques mètres derrière, n'avait plus trop grandi. Tant mieux, le saule pleureur ne risquait pas d'être détruit.

     

    Et puis dans notre boite aux lettres, les factures, les impôts, tout à payer. Mais nos salaires, bien que médiocres pour le moment, nous permettaient de vivre. Ou plutôt de survivre ? Non ? Non, bon d'accord. Nous vivions : heureux, dans une petite maison, à côté d'un cimetière, mais surtout près de notre saule pleureur. Et nous n'avons pas eut le temps d'avoir d'enfant.

     

    Non, tu étais clouée au lit. Malade d'un cancer, le stresse apparemment. Je me sentais un peu seul. Tu étais faible, tu étais pâle et pendant ces temps calmes, j'ai tout regretté... J'ai aimé jouer avec toi, j'ai aimé parler avec toi, j'ai aimé sortir avec toi, j'ai aimé manger avec toi, j'ai aimé vivre avec toi... J'ai aimé et j'aurais aimé tant d'autres choses. J'aurais aimé te dire tant d'autres mots pendant nos nuits blanches. J'aurais aimé te dire tant d'autres blagues pendant tes coups bas. *"J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau, que c'est beau d'aimer" ; j'aurais aimé...

     

    Mais maintenant... je ne t'aime plus. C'est ainsi, que veux-tu. Tu es morte, enterrée sous le saule pleureur. Et moi, je suis là, à regarder ta tombe. Je souris légèrement, de joie, de tristesse ? Puis j'ai ris, ou du moins pleuré, une sorte de mélange... Mais pourquoi ? Pour les regrets ou pour les souvenirs radieux ? Peut-être, un petit peu des deux. Mais au fond, je crois que je m'en fous. Que les gens fassent ce qu'ils veulent ! Qu'ils détruisent, qu'ils reconstruisent, *"qu'ils baisent sur nos tombes" ! Tant pis, j'm'en fous... »

     

    Il sait qu'il l'a aimé, et qu'il l'aime encore mais peut-être croit-il que ce n'était pas assez. Il voulait juste tout lui donner, absolument tout ; mais elle parti avant qu'il n'y arrive. *"Ce monde n'est pas pour lui, ce monde n'est pas le sien".

     

    Et, Un jour, ce jour... ses larmes ont coulé. Il était seul, pendu au saule pleureur... enflammé !

     

    Tsunn
    * citation de la chanson de Damien Saez


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :