• Androïdes

    Inanimé. Belle apparence humaine. Assez bon état. Bien fabriqué, même. Prototype achevé très récemment. Cheveux bruns, en broussaille, peau beige, légèrement pâle, bouche rosée, fine, yeux clos. Absolument réaliste !

     

    Bouton compressé, une personne debout. Regard fixe, air sévère, un visage sans expression, un être en pleine contemplation. La vitre mécaniquement soulevée, l'automate... enfin libre. Paupières hésitantes, l'iris verte enfin apparente. L'autre homme restant dans son admiration propre, puis d'un signe, l'hybride pliant et tendant ses articulations, ce pas n'étant que sa première action. Des dizaines à perte de vue, mais un seul au physique unique, frêle, et innocent, voici le premier ''automate'' au semblant humain, vivant. Les autres bien que ressemblant au niveau du coloris, le physique n'étant pour le moins différent. Plus musclé encore, les traits du visage durcie, les sourcils froncés, une nouvelle arme enfin élaborée. ''Les androïdes'', ainsi nommés.

     

    Créé sur le même plan, tous jumeaux de par leur aspect, leur synchronisation et leurs capacités. Ensembles reflet du premier, les voilà avancé d'un pas. Devant eux, l'homme restant immobile, mais de ses lèvres pour la première fois entrouvertes, sortant enfin des sons, une simple question. Tous à l'unisson, élevant leur confirmation : cet homme, lui, le contrôleur, eux, simples tueurs. Mais le premier, toujours muet, souriant naïvement à l'étrange personne devant lui ; tandis que des ''AYE SIR'', explosion de cris, répondant aux interrogations simplement soufflées.

     

    Aucun besoin d’entraînement, les androïdes, perfection de l'humain, déjà sur le champ de guerre. Un ''FIRE'', des tirs, le chaos, des morts. Les balles rebondissant sur les corps d'acier, les machines de guerres étripant les ennemis. Du sang, des cadavres, et des rugissements. Les androïdes continuant, et derrière eux, un champ de chair et d'ossements. La guerre rageant, les pieds frôlant le sol, les pas de l'ennemi tambourinant la terre sèche. Sans fin, les actions de meurtres ne ralentissant.

     

    A chaque androïde trop abîmé, un autre devenant le remplaçant. Et avant de fouler le pied sur le champ de bataille, encore aux mêmes question,s l'automate répondant ''AYE SIR'' à l'étrange homme, loin du massacre théâtralement animé.

     

    L'homme se reposant dans son bureau, le frêle hybride au sourire enfantin, debout. Les ordres émanant des lèvres de cet humain assis. Toujours la même chose ''Moi, le contrôleur, toi, le jouet. Moi, le stratège, toi, le fou assoiffé''.

     

    Le petit hybride étant resté là, à écouter, patient, timide et souriant, l'heure de dormir. 23H sur l'horloge, l'homme sur ses pieds, sortant de la salle. L'hybride presque comme son ombre, sur ses talons, puis tournant plus tôt dans une pièce sombre. Lumière, un seul lit posé. Drap plié, l'automate serviteur toujours appliqué. Et avec l'homme enfin arrivé, le petit hybride sentant ses lèvres compressées, souriant. Puis tout deux, fondant dans le lit.

     

    Tandis que loin grondant, la rage des fous sur le champ de guerre fumant.

     

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    Ce texte a été écrit dans le cadre d'un tournoi (www), organisé par Queen Paramount.

    Thème : Écrire un texte en s'inspirant de la musique Psycho de Muse. | Adversaire : Pompéius (texte)

     


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